Intérêt du positionnement en gériatrie

En France, une personne sur trois a plus de 60 ans. Avec le vieillissement de la population et l’augmentation de l’espérance de vie de nos séniors, de nouveaux besoins apparaissent, et notamment en terme de positionnement diurne et ou nocturne.

Le but de ces appareillages est d’apporter aux patients un maximum de confort, tout en maintenant les déformations orthopédiques qui s’installent. Ils ont aussi un rôle important de prévention notamment pour des patients qui présentent des enraidissements en triple flexion et un déficit des abducteurs en déchargeant les zones d’appuis, permettant ainsi de limiter les escarres voire d’accélérer leur guérison.

Au lit, les orthèses de positionnement permettent de contrôler la chute du tronc latéralement, de positionner le bassin, d’abducter les jambes tout en maintenant les flessums, et de décharger les talons pour éviter les escarres à cet endroit.

En position assise, le siège moulé aura pour but de maintenir le tronc et d’éviter la chute dans le plan frontal, facilitant ainsi la prise des repas.

La présence d’un plot d’abduction permettra d’éviter les rétractions des abducteurs et le glissement. L’intérêt de ces orthèses pour ce type de patientèle et avant tout de prévenir l’aggravation des déformations mais aussi les problèmes cutanés de type escarre.

Tous nos corsets sièges sont réalisés sur mesure et répondent aux besoins des patients. Ils sont conçus pour aider les équipes dans leur travail quotidien. Lutter contre les rétractions des abducteurs permet non seulement de faciliter la toilette intime mais aussi de limiter les escarres condyliens, malléolaires, etc.

Cas N°1 : Mme R.

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Installation nocturne

Mme R. âgée de 85 ans présente un enraidissement au niveau des hanches avec des douleurs à la mobilisation, des abducteurs rétractés avec douleur à la mobilisation et des difficultés pour les équipes soignantes à réaliser la toilette intime, ainsi que des plaies dues à la macération entre les cuisses.

Au niveau cutané Mme R. présente de nombreux points d’appui au niveau des condyles internes, des malléoles mais aussi de la face externe des pieds.

Le tronc présente une rotation et les bras sont rétractés avec impossibilité de les abducter.

Réalisation du prototype

En concertation avec l’ergothérapeute il a été décidé de positionner uniquement les jambes de Mme R. de façon à décharger les pieds, les malléoles mais aussi de limiter l’appui entre l’arrête tibiale et le mollet. Tout en lui apportant un soutien sous chaque jambe de façon à répartir aux mieux les appuis.

Devant la raideur des abducteurs le choix a été fait dans un premier temps de ne travailler que sur les malléoles en laissant les deux condyles en contact.

Un coussin triangulaire a été adjoint après quelques jours pour laisser le temps à Mme R. de se détendre, de s’habituer et ainsi permettre une abduction plus facile.

Après quelques semaines d’utilisation du matelas de positionnement, les équipes remarquent que la toilette intime est nettement plus facile. Les plaies dues à la macération ont presque disparu. L’intérêt du positionnement diurne et nocturne a permis de varier les positions et donc de prévenir les escarres.

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Installation diurne au fauteuil

Mme R. est installée dans un fauteuil coquille Dupont©.

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Elle présente une chute du tronc à droite avec un hyper appui sur l’ischion droit (pas de rougeur, ni de plaie). Les pieds sont dans le vide sans aucun appui.

L’installation au fauteuil se fait à l’aide d’un lève-personne et la sangle reste en place.

Le but du siège moulé est de répartir les appuis de façon à limiter le risque d’escarre tout en apportant un maximum de confort.

En gériatrie le contrôle des déformations est important mais l’on apporte peu ou pas de corrections : on stabilise, on corrige légèrement la chute du tronc de façon à faciliter la prise des repas et diminuer le risque de fausse route.

En stabilisant le bassin et en réduisant les hyper appuis sur une fesse on évite l’aggravation de la chute du tronc.

Les jambes sont guidées pour éviter l’aggravation du coup de vent. L’impossibilité d’abducter les hanches ne permet pas la mise en place d’un plot d’abduction. Le choix d’un triangle amovible sera à nouveau fait.

De même les bras ne sont pas écartables et la décision est prise en concertation avec l’ergothérapeute de les garder à l’intérieur du fauteuil.

Une têtière est proposée de façon à permettre un repos. Au vu de la légère cyphose de Mme R., sa tête ne repose jamais sur l’appui tête du fauteuil coquille, ce qui augmente la sensation d’inconfort.

De même Mme R. s’endort facilement dans le siège moulé et il est nécessaire de lui proposer un appui tête pour ces moments et plus encore quand le support roulant est basculé en arrière.

Deux repose-pieds individuels capitonnés sont proposés pour permettre un appui pédieux et pour soutenir le poids du corps. Là encore, les pieds doivent être en léger appui mais sans hyper appuis pour éviter les escarres.

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